Leçons sur la littérature aquatique à l'ère numérique
1. Première leçon : introduction à la problématique internet et au site www.bardjaque.blogspot.com
2. Deuxième leçon : vive l'eau
3. Troisième et quatrième leçons : des états de l'eau en poésie (Cortazar et Baudelaire)
4. Cinquième et sixième leçons : l'eau vive et la morte (Maupassant)
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Objectifs : introduction à la problématique internet ; pratique multimédia francophone ; compréhensions orale et écrite ; productions orale et écrite ; interaction, travaux sur des poèmes et des nouvelles autour du thème de l'eau.
Justification du choix : éveiller la motivation des apprenants à travers le détour numérique, sensibiliser les apprenants à des problématiques d'actualité : 1. l'omniprésence et l'omniscience d'internet, 2) la matière première par excellence, l'eau ; approcher la littérature à travers des textes brefs et au moyen d'une interface non livresque.
Difficultés : matérielles, dépendant des moyens à disposition (parc informatique, ordinateurs personnels, lecteurs mp3, téléphones portables) ; intellectuelles : lire à l'écran, surf parasitaire, compréhension des textes, écoute astreignante.
Niveau : dès la 3e classe (BS), 10e année SEK II.
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1. Première leçon : introduction à la problématique internet et au site www.bardjaque.blogspot.com
Objectifs : sensibilisation à la pratique multimédia francophone
Compétences : réception orale, production orale, pratique multimédia.
Remarque : il est souhaitable de disposer d'un parc d'ordinateurs portables, les apprenants surfent en même temps que l'enseignant. Attention au surf parasitaire.
Qu'est-ce c'est internet ? Et qu'est-ce qu'on y fait, sinon s'amuser, communiquer, ne soit-ce que pour remplir une fonction purement phatique, de contact ? Alors que l'isolement menace les individus ? Qu'y fait-on sinon rencontrer des congénères ? Mais aussi s'exprimer, se vendre et, comme c'est de plus en plus le cas, y travailler ? Que peut-on faire sur internet sinon tout, et même apprendre ? Qu'en est-il alors de la réaction de l'école à ce phénomène ? S'il faut aller chercher les apprenants où ils sont, alors ira-t-on les détourner du réseau pour les ramener à la « réalité », ou au contraire les y renvoyer, mais munis de nouvelles stratégies ? L'école ne devrait-elle pas aussi former à la vie en ligne ? N'est-ce pas aussi son rôle que de soutenir l'autonomie numérique des apprenants ?
Selon un article de Heinz Weber paru récemment dans la revue Bildung Schweiz, on pouvait lire, à la foire didactique Worlddidac qui s'est tenue à Bâle au mois d'octobre dernier, que le temps de la craie et du tableau noir en est à prendre fin... Mais cette fin, depuis longtemps prophétisée, arrivera-t-elle véritablement un jour ? C'est ce dont on peut douter, la Suisse se montrant, toujours d'après Weber, particulièrement conservatrice à l'égard des nouveaux médias. On hésite à investir dans ce domaine et, quant aux enseignants, ceux-ci manquent de curiosité face aux potentialités didactiques d'internet, alors même qu'en Tchéquie l'introduction de moyens numériques comme le « Whiteboard » est une exigence courante de la part de la corporation (Bildung Schweiz, 11a, 2010, p. 17). Par ailleurs les entreprises développent des technologies dévouées à la situation interactive propre à la classe. Cette année, par exemple, l'appareil nommé Active-Impression a été lancé à Bâle à l'adresse du monde de l'éducation. Il s'agit d'une interface portable dont disposent tous les participants à la situation didactique et au moyen de laquelle l'enseignant peut envoyer des tâches ou des informations à un ou plusieurs apprenants qui, à leur tour, ont le choix de répondre directement sur l'appareil de l'enseignant ou bien de « publier » leur réponse sur le Whiteboard, cet écran destiné à se substituer au tableau noir. Active-Impression permet de savoir avec quelle rapidité l'apprenant a réagi et de vérifier ainsi l'état de ses connaissances. Les apprenants rapides reçoivent de nouvelles tâches à accomplir, les lents des informations complémentaires : l'individualisation de l'enseignement s'en voit dès lors accrue. La communication, la motivation et le contrôle sont les dimensions de la situation pédagogique dans lesquelles le numérique promet des optimisations substantielles. Les contenus didactiques proprement dits sont assez souvent produits par les enseignants internautes eux-mêmes, puis partagés sur des plateformes plus ou moins fréquentées : certaine communauté d'enseignants-internautes, Promethean Planet
atteint les 700'000 peers !
Hardware, software et contenus, le marché de l'E-ducation se développe sur tous les fronts. Mais il reste que les médias numériques spécialisés, comme l'Active-Impression ou d'autres systèmes développés expressément pour la situation didactique, et jusqu'aux salles de classe numériques livrables clé en main, ont un coût trop haut par rapport à leur durée de vie, tandis que leurs capacités demeurent, dans ce contexte, sous-exploitées. Cela concerne aussi bien le numérique standard, il faut le souligner. Pourtant l'offre existe déjà dans le créneau « bon marché et tout-terrain » : il s'agit d'ordinateurs portables appelés « Netbooks » ou « ClassmatePC » comportant caméra et micro, et permettant, outre les standards comme la navigation internet et les programmes de bureau, de former un « réseau de classe » qui intègre un tableau numérique.
Or, si la vocation démocratique de l'école veut que le plus grand nombre possible d'apprenants ait accès aux ressources internet, il importe de fabriquer des interfaces robustes et durables. Des initiatives allant dans ce sens sont connues, telle que « one computer per child »
qui se réclame d'un slogan mettant au centre l'e-learning : « En premier lieu l'enfant a besoin d'internet, parce qu'on ne cesse jamais d'y apprendre ». A ce propos, si l'égalité face au numérique est un but atteignable à moyen terme, il est légitime de souhaiter qu'existent des produits informatiques satisfaisant aux conditions du commerce équitable. L'école pourrait ainsi non plus seulement suivre le train du monde, mais également demeurer « exemplaire » à travers les valeurs qu'elle soutient.
Enfin, une conséquence doit être tirée de l'implication d'internet dans la classe. L'enseignant n'est plus, ou encore moins qu'avant, le seul maître à bord du vaisseau didactique, puisque d'autres références, d'autres autorités, issues du réseau, peuvent être convoquées « en direct » dans la classe. Ainsi l'autonomie de l'apprenant non seulement grandit avec internet, mais l'enseignant n'est plus omniscient, il doit être prêt à « s'en laisser montrer » de la part des élèves-internautes (nerds). L'école numérique deviendra-t-elle alors un forum de pairs ?
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J'aimerais présenter maintenant quelques réflexions autour d'un travail en cours basé sur internet et destiné à soutenir, dans le cadre d'un enseignement de FLE, l'approche des textes littéraires.
Pénétrons dans bardjaque pour, une fois entrés sous la rubrique Ressources, immédiatement en repartir et se diriger vers un blog, celui de Pierre Assouline
Assouline est un critique et journaliste respecté qui tient en ligne un feuilleton de critique littéraire. Ce blog hébergé sur la plateforme du journal français le Monde passe pour être très consulté et vaut comme référence en ce qui concerne la poursuite du genre du feuilleton critique sur le web, un genre qui s'adresse ici à une communauté internationale d'internautes francophones. Le blog d'Assouline n'est bien sûr qu'un exemple et qu'une modalité de ce genre qui trouve une continuation ou une réactualisation sur le réseau, en voici un autre dans le domaine anglophone
La forme « blog » a ceci de particulier qu'elle est initialement liée à une personne ou à une de ses facettes, et qu'elle rassemble au fil du temps des billets de confidence adressés à tous. Le blog est un journal de bord ou journal intime livré en pâture. Cette extimité du blog et d'internet est souvent stigmatisée. Ce n'est, à mon avis, qu'une forme émergente de la représentation du moi avec laquelle il faut compter et qui hérite des nombreuses tentatives faites dans le genre de l'autofiction littéraire apparue dès les années 80. Par ailleurs, il serait de mauvais aloi de négliger l'apport politique du blog puisque, dans de nombreuses régions du monde, le blog est un vecteur éprouvé de démocratie, exemplaire à cet égard et récompensée par un prix international serait à mentionner la page de l'activiste Sand Monkey
Ce genre de militantisme indépendant, qui passe de l'internet à la rue et retour, a donné des gages d'efficacité dans un pays, l'Egypte, où ces dernières années des bloggeurs sont régulièrement emprisonnés voire tués.
Assouline, lui, s'inscrit dans une république, « la république des livres » comme il l'appelle, se réclamant du même coup d'une longue tradition cosmopolite remontant au 18e siècle. Si, jadis, le journal de Diderot commentait l'actualité intellectuelle, aussi bien littéraire, mondaine, scientifique que picturale, à l'adresse des élites lettrées européennes, mais n'était produit qu'à peu d'exemplaires, s'échangeant par la poste, vous recevez aujourd'hui, avec le blog d'Assouline, l'actualité littéraire aussi bien française que francophone, et même de langue étrangère, signée de première main et diffusée planétairement. Pour beaucoup, Assouline donne le ton, et c'est certainement une voix d'amateur éclairé qui compte quant il s'agit d'élire un Goncourt, même si, cette année, il s'est opposé en vain au couronnement de Houellebecq.
Chez Assouline c'est un quotidien particulier de la langue qui est représenté, c'est son existence livresque qui est visée, le texte. Si, au contraire, c'est l'auralité, à savoir prose ou poésie, qu'on cherche à illustrer, il faudrait alors s'intéresser d'une part à la télé-internet et aux réseaux vidéo, d'autre part aux sites à fil rouge musical. Par télé-internet on entend les vidéos visibles en ligne produites aussi bien par des chaînes nationales de télévision que par des chaînes privées. Les réseaux vidéo, eux, correspondent à cette archive actualisée quotidiennement, mise à disposition pour consultation plus ou moins autorisée, tantôt par des réseaux ouverts, tantôt par des entreprises, l'un n'excluant pas l'autre : voyez à cet égard YouTube ou
D'un autre côté on aura les réseaux musicaux qui permettent d'échanger et de vendre de la musique, le contact avec le public étant si étroit sur le net que quelques clics font passer le son d'un ordinateur à l'autre, le musicien internaute trouvant aujourd'hui sa niche à lui et ses auditeurs quelque part sur le réseau.
Trois cas :
1) Houellebecq, interview par Mediapart (investigation, journalistes « dissidents » de la presse écrite)
2) performance de Henri Chopin
3) poésie de Henri Chopin
Personne ne l'ignore, on dispose dans un assez bref espace de temps de toute trace, écrite, visuelle, sonore et jusqu'aux programmes lancés contre lui que sont les virus, dans l'organe principal de la communication planétaire. L'exemple très actuel des révélations permises par Wikileaks le montre décisivement.
Dans ce contexte, on pourrait encore se poser la question de l'effet d'internet sur la littérature et la poésie. Prenons l'emblèmatique Jean-Pierre Balpe. Poète, chercheur et professeur à Paris VIII, où il contribua à fonder le département Hypermédia, il fut l'un des premiers à s'intéresser académiquement à la croisée entre littérature et informatique. Détournant la thèse de Marshall McLuhan selon laquelle « le message c'est le médium », Balpe soutenait que, de nos jours, « le poème c'est le programme », à savoir le code même, écrit dans l'une des langues de programmation informatique. Le poète, à l'ère numérique, ne devrait-il pas être, au fond, programmateur, et les hackers nos poètes maudits ! Un virus informatique ne touche-t-il pas le coeur de l'humanité actuelle, c'est-à-dire le réseau sans quoi nous n'existerions plus ? Le vers ou cheval de Troie n'a-t-il pas quelque chose d'épique, guerrier usant de mille ruses, David électronique menaçant de faire basculer le monde ?
http://www.olats.org/livresetudes/basiques/litteraturenumerique/11_basiquesLN.php
Jean-Pierre Balpe, de son côté, après avoir développé des générateurs informatiques de texte, développe aujourd'hui des fictions hypermédiatiques, c'est-à-dire des romans sans début ni fin ni centre, mais faits d'un réseau de blogs qui eux-mêmes grandissent, romans, donc, non plus fleuves mais rhizomatiques, dont l'expansion se poursuit à ce jour, et auxquels il ne manque que la dimension participative. Balpe réalise pour ainsi dire cette structure non hiérarchique et sans point privilégié que souhaitaient Deleuze et Guattari dans leur livre Mille Plateaux. A ce stade, on peut se demander si Wikipédia, elle, ne réalise pas, au-delà même de leurs espérances, l'entreprise encyclopédique des Lumières.
Un roman hypermédiatique de Balpe :
http://generalproust.oldiblog.com/http://www.olats.org/livresetudes/basiques/litteraturenumerique/11_basiquesLN.php
Jean-Pierre Balpe, de son côté, après avoir développé des générateurs informatiques de texte, développe aujourd'hui des fictions hypermédiatiques, c'est-à-dire des romans sans début ni fin ni centre, mais faits d'un réseau de blogs qui eux-mêmes grandissent, romans, donc, non plus fleuves mais rhizomatiques, dont l'expansion se poursuit à ce jour, et auxquels il ne manque que la dimension participative. Balpe réalise pour ainsi dire cette structure non hiérarchique et sans point privilégié que souhaitaient Deleuze et Guattari dans leur livre Mille Plateaux. A ce stade, on peut se demander si Wikipédia, elle, ne réalise pas, au-delà même de leurs espérances, l'entreprise encyclopédique des Lumières.
Un roman hypermédiatique de Balpe :
La presse écrite s'est fortement développée quant à elle, lorsqu'elle a fait son entrée sur le web, en produisant des contenus multimédia. Le multimédia, quand il n'est pas d'art et d'essai, réflecteur du média numérique implanté dans le monde
dispense des séquences informatives, permet de jouer et d'entrer dans des histoires, auto-fictionnelles encore, comme dans l'autre vie de second life
ou bien dans ces fictions qui provoquent chez certains de nos contemporains des dépendances, les video games, comme on a pu être addict, dans des temps éloignés, de littérature. Multimédia sont aussi ces interfaces d'apprentissage qui offrent divers degrés d'interaction, écoutes, visionnements, textes à trous, questions de fond - proposés par une télévision à vocation internationale ou à tout le moins européenne comme TV5 :
Quant à ceux qui sont nostalgiques des cours ex-cathedra tenus par de grandes voix se délecteront ici
http://www.univ-paris8.fr/deleuze/rubrique.php3?id_rubrique=7
Les potentialités pédagogiques d'internet sont grandes, beaucoup restent encore inexploitées, mais les efforts individuels ou communautaires des enseignants, ajoutés à ceux d'institutions les plus diverses, sont considérables on le voit : soit-ce sur le plan des ressources s'adressant à la corporation, fiches de lecture, séquences didactiques ayant trait à la langue aussi bien qu'à la littérature, biographies d'écrivains, textes et exercices de grammaire, chansons et films, soit-ce comme outils d'accompagnement de la classe, « classe virtuelle » donc, agenda et miroir de la vie de la classe, où non seulement de la matière d'ores et déjà traitée, de la matière à venir, ainsi que de la matière d'appoint, sont mises à disposition des apprenants, mais où aussi d'autres manières d'accéder à une langue et à ses littératures deviennent possibles. A l'heure où les laboratoires de langues tendent à disparaître, il est permis de recourir au hardware standard dit « de proximité » dont disposent les apprenants comme moyen d'y suppléer, voire, c'est la thèse que je défends, comme moyen de les dépasser : lecteurs mp3, ordinateurs et téléphones portables embarquant dorénavant de grandes capacités de mémoire. Les contenus, images et schémas, fichiers texte, fichiers son et fichiers audiovisuels, deviennent omniprésents, à l'école et hors l'école, dès lors l'immersion, ou quasi-immersion, se découple des conditions matérielles du déplacement géographique, des structures d'hébergement et d'accueil.
Exemples de sites de ressources et de sites dédiés à des classes d'apprenants :
http://www.univ-paris8.fr/deleuze/rubrique.php3?id_rubrique=7
Les potentialités pédagogiques d'internet sont grandes, beaucoup restent encore inexploitées, mais les efforts individuels ou communautaires des enseignants, ajoutés à ceux d'institutions les plus diverses, sont considérables on le voit : soit-ce sur le plan des ressources s'adressant à la corporation, fiches de lecture, séquences didactiques ayant trait à la langue aussi bien qu'à la littérature, biographies d'écrivains, textes et exercices de grammaire, chansons et films, soit-ce comme outils d'accompagnement de la classe, « classe virtuelle » donc, agenda et miroir de la vie de la classe, où non seulement de la matière d'ores et déjà traitée, de la matière à venir, ainsi que de la matière d'appoint, sont mises à disposition des apprenants, mais où aussi d'autres manières d'accéder à une langue et à ses littératures deviennent possibles. A l'heure où les laboratoires de langues tendent à disparaître, il est permis de recourir au hardware standard dit « de proximité » dont disposent les apprenants comme moyen d'y suppléer, voire, c'est la thèse que je défends, comme moyen de les dépasser : lecteurs mp3, ordinateurs et téléphones portables embarquant dorénavant de grandes capacités de mémoire. Les contenus, images et schémas, fichiers texte, fichiers son et fichiers audiovisuels, deviennent omniprésents, à l'école et hors l'école, dès lors l'immersion, ou quasi-immersion, se découple des conditions matérielles du déplacement géographique, des structures d'hébergement et d'accueil.
Exemples de sites de ressources et de sites dédiés à des classes d'apprenants :
http://www.site-magister.com/
http://appli-etna.ac-nantes.fr:8080/ia44/400EspPedago/55OLV/LV07/Accueil/Accueil-v4.php#KLINK#KLINK
http://pedagogie.ac-toulouse.fr/lyc-hmatisse-cugnaux/spip.php?rubrique174
http://appli-etna.ac-nantes.fr:8080/ia44/400EspPedago/55OLV/LV07/Accueil/Accueil-v4.php#KLINK#KLINK
http://pedagogie.ac-toulouse.fr/lyc-hmatisse-cugnaux/spip.php?rubrique174
Il serait ici bien sûr naïf de croire qu'un environnement numérique, hors-sol, puisse se substituer à un environnement « réel ». En retour il faut cependant se méfier de l'évidence assénée de la « réalité » ou de « l'immédiat », car toute réalité est le produit d'une construction, de même que les médias ne viennent pas en supplément à la vie, ils sont au coeur de celle-ci, à commencer par mon corps et mon système nerveux qui me permettent de mettre en forme ma ou mes vies. La plus grande illusion est, je crois, d'ordre temporel : le temps des réseaux, le temps global ne connaît pas d'interruption, et même si, de fait, le temps des organisations humaines est définitivement branché et soumis à la vitesse des bandes passantes, même si notre monde tient tout entier son existence des flux électroniques, il importe d'opposer à cela, malgré tout, des rythmes, des temporalités, des abréactions nécessaires à l'apprentissage qui ne peut être indéfiniment optimisé. Le rôle de l'enseignant à l'ère numérique se réduit peut-être à celui d'incarner une zone tampon entre les apprenants et internet. De même que le rêve offre à chacun de nous l'occasion de réélaborer son vécu, le temps off-line est au même titre un droit : un droit à la réflexion, un droit au désoeuvrement.
www.bardjaque.blogspot.com, qui profite de la gratuité du nom de domaine pour les blogs, mais qui est bien un site, cherche d'une part à rendre compte des potentialités numériques pour un enseignement de langue et de littérature FLE, et tente d'autre part d'accompagner pratiquement, depuis août 2010, deux classes de secondaire II.
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2. Deuxième leçon : vive l'eau
Objectifs : Sensibilisation au thème de l'eau en tant que ressource primordiale, aux états de l'eau, aux différentes usages autour de l'eau.
Compétences : réception audiovisuelle, production orale, production écrite.
- 15min. : Mind map en plénière autour de l'eau : à quoi ça sert ? y en a-t-il partout ? états de l'eau (liquide, gazeux, solide) ? combien en consomme-t-on par jour, ici et ailleurs ? recyclage ? maladies liées à l'eau ? à qui appartient-elle (Valser aux Grisons racheté par Coca-Cola)?
- 2min. : La polution de l'eau, projeté en plénière.
Compétences : réception audiovisuelle, production orale, production écrite.
- 15min. : Mind map en plénière autour de l'eau : à quoi ça sert ? y en a-t-il partout ? états de l'eau (liquide, gazeux, solide) ? combien en consomme-t-on par jour, ici et ailleurs ? recyclage ? maladies liées à l'eau ? à qui appartient-elle (Valser aux Grisons racheté par Coca-Cola)?
- 2min. : La polution de l'eau, projeté en plénière.
- 5min. : Compléter la mind map.
- 2min. : Nouvelle projection du film.
- 5min. : Texte à trous en tandem.
- 10min. : Approfondissement
Projection de deux films en plénière
1. « Les Bédouins de Jordanie et l'eau sacrée », 4min.
2. « Le Canada : immense réserve d'eau », avec accents des interviewés, 5min.
Chaque élève choisit selon ses capacités le film qu'il va revoir hors-classe et résumer en quelques lignes.
Variante : en collaboration avec l'enseignant de biologie, projection de « L'eau en Suisse», un film amateur sur la consommation d'eau en Suisse, +oralité, 6min.
Les Bédouins de Jordanie et l'eau sacrée
Le Canada : immense réserve d'eau
L'eau en Suisse
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3. Trois leçons : des états de l'eau en poésie (Cortazar et Baudelaire)
Objectifs : passer de la matière première, de l'élément aquatique à son anthropomorphisation ; l'eau en tant que pluie (=comparé) se comporte comme un groupe d'être humains catastrophé (= comparant) chez Cortazar ; la musique (=comparé) a sur l'âme un effet semblable à l'eau en tant que flot marin (=comparant) chez Baudelaire.
Compétences : réception orale, production orale (parole et lecture), compréhension de texte.
a)
- 3min. Ecoute 1 de « Gouttes d'eau » en plénière.
- 3min. Individuellement répondre aux questions : Qui ? Quoi ? Où ? (un observateur, la pluie, au balcon)
- 3min. Ecoute 2.
- 5min. En plénière, répondre à : Qui ? Quoi ? Où ? Comme qui ? (des animaux ayant des griffes, des humains désespérés, dont le destin se réduit à tomber)
- 3min. Ecoute 3.
- 5min. Texte à trous en tandem.
- 6min. Correction en plénière au moyen d'un transparent, lecture en choeur.
- 10min. En tandem, 5 mots incompris à chercher dans le dictionnaire.
- 7min. En plénière, explication de 5 mots.
- Devoirs : télécharger le fichier mp3, exercer la lecture.
b) double leçon.
- 6min. Lecture en choeur; lecture par un apprenant > note.
- 13min. En plénière, mind map : la mer et la musique, leurs rapports ? (les mouvements, l'emportement de qui s'y livre, lien avec les sentiments : enthousiasme, tristesse, souvenirs).
- 6min. 2 écoutes de « La musique » en plénière.
- 5min. En tandem, texte à trous.
- 5min. En plénière, correction.
- 10min. En tandem, 5 mots incompris à chercher dans le dictionnaire.
- 10min. En plénière, mise en commun.
- 10min. L'enseignant lit, en insistant sur la scansion (e muets), question : pourquoi lire ainsi ? > Alexandrins. Noter les e muets.
- 9min. Lecture en choeur, puis 2 lectures individuelles.
- 15min. A partir de la question : qui est le poète ? un passager ? le bateau lui-même ? un rêveur ? on peut insister sur trois thèmes à choix les sensations auditives, le parcours mouvementés et les états d'âme. Cf. commentaire composé.
- Devoirs : télécharger le mp3, exercer la lecture/l'apprentissage par coeur du texte > note.
Remarque : on peut se référer à ce commentaire composé
http://www.lescorriges.com/article-2561--baudelaire__les_fleurs_du_mal__la_musique.php
Variante : double leçon sur le texte de Ponge, De l'eau.
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4. Trois leçons : l'eau vive et la morte (Maupassant)
Objectif : lecture et analyse d'une nouvelle.
Compétences : production orale (parole et lecture), rédaction d'un schéma d'analyse.
Préparation pour l'enseignant : liste de vocabulaire.
a)
- 20min. Mind map en 2 étapes :
1) différences entre la mer et la rivière/le canal > connotations, nature/artifice, genres de pêche, réputation des pêcheurs selon le bon mot : « Les chasseurs, les pêcheurs et les autres menteurs ».
2) différences entre l'étrange=explication rationnelle/le fantastique=point de bascule, indécidable/le merveilleux=le conte.
- 10min. En plénière, tantôt en choeur, tantôt individuellement, on lit la moitié du texte (exposition).
- 15min. Questions : Où ? Qui parle ? Rencontre, récit dans le récit. Retour sur la comparaison et les connotations en 1)
- Devoirs : écouter-lire la deuxième partie du texte.
b)
- 5min. Comment distinguer deux étapes, deux moments dans le deuxième partie du texte ? 1) Les hallucinations, la confusion impressionniste. 2) L'explication, résolution.
- 10min. En plénière, tantôt en choeur, tantôt individuellement, on lit la partie « confusion ».
- 15min. On décrit en plénière la scène de l'énigme : les causes possibles, les peurs, les mouvements des animaux et de l'eau, le peuple de monstres qui vient envahir le personnage, sa panique. Amener une image de Bosch ? La tentation de Saint-Antoine ?
- 15min. Individuellement : en quelques lignes, imaginer une fin possible.
- Devoirs : réécouter et relire le texte.
c)
- 15min. Blättli : 3 questions sur le texte. Tandis que l'enseignant interroge un tandem d'apprenants : lecture et questions de contenu.
- 30min. En tandem, les apprenants surfent sur U-Tube pour trouver un film/une chanson sur l'eau, et la résument en quelques lignes.
Variante :
- 30min. Les apprenants pensent à une « Histoire d'eau » qu'ils ont vécue (à la mer, au bord de la rivière, à la piscine, dans la salle de bain, etc.), la façonnent au moyen de mots-clés en trois moments > auto-fiction, et se la racontent l'un à l'autre.
Développement : La Bièvre, de Joris-Karl Huysmans